lundi 06 juillet
Courgettes farcies au sarrasin et au tofu
Quand ma maman m'a dit qu'elle ne souhaitait plus poursuivre l'abonnement avec l'Amap, bien sûr j'ai été déçue. Nous partagions le même panier et, sans elle, il m'était difficile de continuer, pour plusieurs raisons : financières (le prix du panier est un peu trop élevé pour moi seule), mais aussi parce que je pouvais lui donner les quelques légumes que je n'aimais pas. Mais il est vrai qu'à la fin du printemps, notre maraîcher était à court de production, nos paniers ne contenaient plus grand-chose, et c'est ce qui a découragé ma co-adhérente.

Bon. A toute chose malheur est bon, dit-on. D'une part une autre famille allait être ravie de pouvoir s'inscrire à notre place, d'autre part, j'allais bien pouvoir trouver d'autres sources d'approvisionnements intéressantes. Depuis quelques temps, je fréquente donc les marchés, où je n'allais jamais auparavant.
C'est une balade à laquelle j'ai immédiatement pris goût et dont je ne peux plus me passer. J'y découvre de nombreux producteurs locaux vendant des fruits et légumes cultivés aux portes de Bayonne, autrement dit, devant ma porte (j'adore !), mais aussi des revendeurs plus classiques proposant des produits à des prix défiant toute concurrence. C'est ainsi que, tout au long du mois de juin, j'ai profité de pommes à 1 euro le kilo (et très savoureuses !) et de cerises délicieuses à 2,90 euros. Pourtant, je ne choisis que la production française. Mes fraises arrivaient tout droit du Lot et Garonne, qui n'est pas bien loin de chez moi.
Sur les marchés, on trouve aussi des producteurs bio. Certains proposent des tomates et des aubergines aux variétés originales et qui attirent l'oeil. Mais d'autres vous vendent des oignons d'Argentine et des courgettes d'Italie qui n'ont plus beaucoup de goût. J'ai vite laissé tomber. A présent, chaque samedi matin, je vais au marché des Halles de Bayonne, les fameuses halles, un fameux marché ! En ce moment, avec l'été, on y trouve les bandas (groupes de musique locaux) mettant de l'animation entre les étals. c'est là que je retrouve les légumes de mon maraîcher Amap (*). Eh oui, je continue de profiter de sa production, malgré tout ! Et j'en suis ravie ! Ses légumes sont les meilleurs que j'aie jamais mangé. Ses tomates sont divines, ses petites courgettes jaunes se dégustent crues, en salade, et ses aubergines sont délicieusement fondantes. Ce sont ses courgettes que l'on retrouve pour cette recette. J'en achète chaque semaine.
(*) stand "Hiribarruna", proche de l'entrée des Halles

Pour 3 personnes :
- 3 courgettes longues et dodues (ici, 1 jaune et 2 vertes)
- 100 g de sarrasin pesé cru (en magasin bio)
- 20 g de févettes sèches (si vous n'en trouvez pas, vous pouvez mettre des lentilles blondes)
- 2 échalottes ou 1 oignon
- 1 cs de graines de tournesol (en magasin bio)
- 60 g de tofu aux herbes (marque Soy)
- huile d'olive
- thym et romarin (ici, en pot, faute de mieux)
- crème de soja, ou d'avoine, ou d'épeautre (la crème d'épeautre est un nouveau produit que l'on trouve en magasin bio : le goût rustique de l'épeautre convient bien ici)
- chapelure
Quand on décide de faire des farcis végétariens, le risque est d'y mettre surtout du fromage. C'est bon mais surtout très gras et pas très digeste. Ayons un peu plus d'imagination et faisons des farcis sans fromage, avec des ingrédients végétaux. Nous n'y perdrons pas au change.
Certaines recettes conseillent de précuire les courgettes à la vapeur une dizaine de minutes. Faites-le si vous le souhaitez, elles seront sans doute plus moelleuses. Pour ma part, je ne l'ai pas fait. J'ai préféré une cuisson entièrement au four. Les courgettes bio rendant moins d'eau, elles sont restées très fermes, "al dente" !

Faire cuire à l'autocuiseur, 10 mn, le sarrasin avec les févettes, en les plongeant directement dans la cuve avec 3 fois leur volume d'eau, peu salée. A la casserole, la cuisson sera plus longue, environ 20 mn.
Faire revenir à la poële les échalottes (ou l'oignon) avec les graines de tournesol et un peu d'huile d'olive.
Râper le tofu à la râpe à fromage. C'est très rapide et amusant à faire, le tofu est mou et fait des frisettes, hé hé.
Ouvrir les courgettes dans leur longueur. Evider la chair avec une petite cuillère. (elle servira pour une autre recette bientôt publiée, mais on peut aussi la servir en accompagnement des courgettes farcies. Crue, la chair de mes courgettes était délicieuse !).
Mélanger sarrasin, févettes, échalottes, graines de tournesol, tofu, ajouter les herbes et un peu de crème de soja (ou d'épeautre). Cuit, le sarrasin gonfle et "colle", il convient bien pour les farcis.
Farcir les courgettes. Les placer dans un plat huilé. Parsemer de chapelure. Arroser d'huile d'olive. Enfourner à th. 6 (ou 7, selon votre four), et laisser cuire environ 40 mn (moins si les courgettes ont été précuites). Vérifier la cuisson des courgettes en plantant un couteau dans la chair. Au moment de servir, arroser de crème de soja ou d'épeautre.
Ces courgettes apportent des protéines complètes grâce à l'association céréale et légumineuse et au tofu. Mangées le jour même elles sont très bonnes. Le lendemain, j'ai trouvé qu'elles étaient un peu desséchées, car elles contiennent peu de matière grasse : peut-être faudra-t-il ajouter à la farce de la crème de soja ou d'épeautre. A tester... s'il en reste assez le lendemain !
vendredi 03 juillet
Pakoras de légumes d'été à ma façon (sans friture)
J'ai découvert les pakoras (beignets) de légumes, une recette indienne, sur un livre de cuisine fait par... une anglaise, et que j'ai emprunté à ma maman. Voilà pour l'anecdote.
Coup de foudre pour cette recette, sans oeuf (convenant aux végétaliens), mêlant des légumes (ceux qu'on veut) et des épices, à la farine de pois chiches. Farine qui, décidément, devient une habitude dans ma cuisine, tant elle est riche de possibilités. Seules modifications de ma part, par rapport aux pakoras classiques, j'ai râpé tous les légumes et je les ai ajoutés à la pâte. Je me souvenais combien il est difficile d'enrober des légumes en morceaux de pâte à beignets, après mon expérience de l'an dernier, avec les beignets de courgette. Râpés ou finement émincés, les légumes s'incorporent beaucoup plus facilement à la pâte.
Et puis, je n'ai pas fait de friture, je n'en fais jamais, c'est beaucoup trop gras. J'ai cuit les pakoras à la poële, avec peu de matière grasse. Cela n'a posé aucun problème.
Résultat : c'est très bon ! Je trouve que c'est une recette idéale pour ceux qui n'aiment pas trop les légumes. En effet, leur goût se fait très discret sous celui des épices. En revanche, ils apportent un moelleux incomparable qui rend ces pakoras très agréables à déguster. Le tout, entièrement végétal, eh oui, le végétal, ce n'est pas que de l'herbe, mmm ?

Pour environ 16 pakoras (selon leur taille) :
La pâte :
- 100 g de farine de pois chiche (en magasin bio)
- 40 g de farine de blé
- un sachet de levure chimique
- 30 cl d'eau
- sel
- une bonne cuillère à soupe d'épices : curcuma, cumin, paprika, curry... j'ai mis aussi du ras-el-hanout
Les légumes :
- 1 oignon
- 2 piments doux
- 2 courgettes plutôt petites ou 1 grosse
- 2 cs d'huile d'olive pour la cuisson
- mais on peut mettre les légumes qu'on veut, en toute saison (la recette du livre contenait du chou, du poivron et de la pomme de terre)
Préparer la pâte en mélangeant les farines, l'eau, la levure, les épices et le sel. Laisser reposer 30 mn.
Emincer finement ou râper les légumes. Les faire cuire dans l'huile d'olive pendant 5 à 7 mn. Les laisser refroidir un peu, puis les ajouter à la pâte. Mélanger.
Faire cuire à la poële légèrement huilée, comme des pancakes, en déposant des petits tas de pâte que l'on laisse gonfler et que l'on retourne après environ 2 mn. Les beignets obtenus sont d'une belle couleur ambrée. Ils peuvent sans problème se garder quelques jours et se réchauffer facilement : ils resteront moelleux et goûteux. Ou même se congeler.
Pour d'autres recettes avec la farine de pois chiches : cliquez sur le tag "farine de pois chiches" au bas de ce message.
samedi 27 juin
Riz à la piperade
Ah ! Je suis sous le choc, depuis hier, j'ai du mal à m'en remettre. Chaque fois que j'entends parler de la mort de Michael Jackson, l'émotion et la tristesse fondent sur moi. Puis j'entends ses grands tubes passant en boucle dans les reportages radio et télé, et soudain, il est de nouveau vivant, le temps n'existe plus. Sa musique, qui rythma mes vingt ans, me donne de l'énergie, de la gaieté, m'emballe comme autrefois. Je retrouve l'ambiance de ma longue et belle vie (désormais achevée) de night-clubbeuse... et je danse toute seule dans mon salon ou ma cuisine, avec la même joie qu'alors ! Son premier album solo, en 1979, (avec le fameux "Don't stop till you get enough" que l'on retrouve au générique du Loto) avait coÏncidé avec mes toutes premières sorties en boîte, quand j'étais lycéenne ! Quant à l'album "Thriller", je l'écoutais en boucle, à la plage, partout, lors de cet été 83. Merci, Michaël, pour tous ces bons moments, ces bons souvenirs.
C'est un peu difficile, du coup, de parler cuisine. Pourtant, en ce moment, les idées de recettes fusent, et je n'aurai pas trop de tout l'été pour les réaliser. Ici, le riz à la piperade... ou piperade au riz, si vous préférez. Pour le plaisir de retrouver les légumes d'été, tomates, poivrons et compagnie !
Je me suis inspirée de la méthode utilisée pour le riz à l'espagnole. C'est une recette simple mais savoureuse, comme je les aime, dans laquelle le plus long à faire est d'émincer piments et poivrons (comptez un bon quart d'heure si, comme moi, vous aimez prendre votre temps). J'avais un peu peur qu'ils ne ramollissent pendant la cuisson du riz, après l'ajout du liquide, façon pilaf. Craintes vite oubliées en passant à table. Ils ont gardé leur saveur et leur fermeté (ouf !). Il faut dire que la cuisson du riz est finalement assez rapide. De fait, on obtient un plat coloré et vitaminé, agréablement surprenant, puisqu'il mèle avec bonheur l'extrême moelleux du riz, imprégné des parfums du soleil, au croquant des légumes.

Deux versions sont proposées pour convenir à tous : végétarienne, avec oeuf, et végétalienne, au tofu : pas de jaloux !
Pour 3 assiettes :
- 1 oignon (ici, oignon rouge, plus doux)
- 1 échalotte
- 5 à 10 piments verts doux
- 2 poivrons (les miens étaient verts)
- 3 cs d'huile d'olive
- 5-6 grosses cs de purée de tomate (ou 2 grosses tomates fraîches)
- 150 g de riz pesé cru (ici, riz semi-complet bio de Camargue : par solidarité avec les producteurs camargais)
- 400 ml d'eau
- piment d'Espelette
- Version vgr : 2 à 3 oeufs battus en omelette (je n'en avais que 2)
- Version vgl : du tofu nature ou aux herbes coupés en cubes
Emincer oignon et échalotte. Ouvrir les piments dans leur longueur, et ôter les chapeaux des poivrons, afin de retirer les graines. Les nettoyer sous l'eau et les découper en fines rondelles ou en fines lanières.
Faire revenir oignon et échalotte dans 2 cs d'huile d'olive, à feu moyen. Quand ils commencent à dorer, ajouter le riz cru, remuer, laisser dorer 5 mn sans rien ajouter, en remuant régulièrement. Ajouter alors piments et poivrons ainsi que l'huile d'olive restante. Laisser revenir 5 bonnes minutes encore, en surveillant pour ne pas laisser brûler, et en remuant.
Verser alors l'eau, la purée de tomate (ou les tomates, sans leur peau et découpées en petits morceaux). Saler légèrement et parsemer de piment d'Espelette. C'est ici que, pour la version végétalienne, on ajoute les cubes de tofu, avec un peu plus d'eau et de tomate.
Pour les deux versions, on laisse ensuite cuire le tout à feu moyen et à petit bouillons, en surveillant et en remuant de temps à autre, jusqu'à ce que toute l'eau soit absorbée par le riz : chez moi cela a pris environ 20 mn.
Pour terminer, et uniquement pour la version végétarienne : quand toute l'eau est absorbée, baisser le feu à mini, ajouter les oeufs battus, remuer vivement pour bien mélanger et pour que les oeufs cuisent. Cela ne prend que très peu de temps. Le riz en devient plus moelleux encore.
Servir immédiatement !
mercredi 24 juin
Simples et bons comme les falafels de pois chiches épicés -et légers : sans friture-
Je décerne aux falafels la palme d'or de la recette la plus simple que j'ai réalisée depuis que j'ai ouvert ce blog. Si j'avais su j'en aurais fait bien plus tôt !
La transition est toute trouvée avec le billet précédent, dans lequel (voir les commentaires), je parlais d'équilibre alimentaire végétarien. Qu'il puisse encore y avoir des gens doutant que cet équilibre existe et que cette alimentation génère des carences me sidère. Il y a ici assez d'informations pratiques et de liens vers des sites spécialisés pour que ces doutes s'évanouissent. Encore faut-il avoir l'honnêteté de les consulter, évidemment.
Personnellement, cela fait vingt ans que je m'intéresse à la diététique et à l'équilibre alimentaire. Au départ, c'était pour être en forme pour mon travail tout en contrôlant mon poids. De fait, depuis l'âge de vingt-cinq ans, j'adore lire des magazines et livres sur la nutrition, les aliments... bien avant d'aimer cuisiner, j'aime m'informer ! Je trouve ce sujet passionnant et très important. J'estime qu'on devrait enseigner tout cela en classe, car c'est utile à tous, tout au long de notre vie. J'ai ainsi découvert, entre autres, que manger équilibré me permettait de supporter beaucoup mieux le stress et avait un effet direct sur mon moral.
Peu à peu j'ai même été intimement persuadée que notre alimentation a un effet profond sur notre santé, bien plus que nous ne l'imaginons. Récemment j'en ai eu la preuve (s'il en était besoin), avec un article du site canadien Passeport Santé intitulé : "Aliments et santé digestive : prenez soin de votre 2è cerveau". Il dit ceci :
"L'intestin parle littéralement au cerveau, pour assurer le contrôle sur l'insuline, la glycémie ou encore la satiété. Le système gastro-intestinal ne fait pas moins que le cerveau en jouant un rôle prépondérant sur les plans immunitaire, endocrinien et métabolique."
Et je suis sûre qu'on n'a pas fini de découvrir à quel point tout cela est vrai !
Pour revenir à l'équilibre alimentaire végétarien, vous en avez ci-dessous un bon exemple avec ce menu :
- quelques falafels (avec sauce tomate ou crème de soja)
- une part de pizza aux courgettes présentée dernièrement
- des crudités et un yaourt (de vache ou de soja)
Vous aurez là des protéines complètes (rendant inutiles viande et poisson), du fer, du calcium, des vitamines et j'en passe. C'est simple, c'est bon, et c'est tout.

Pour 25 falafels environ, cuits au four et à ma façon :
- 170 g de févettes sèches cuites (environ moitié moins crues)
- 300 g de pois chiches cuits (idem)
- 1 oignon
- 1/2 cc de ras-el-hanout (ou autre épice que vous aimez, cumin par exemple)
- 3 cs rases de farine semi-complète
- 2 cs de tahin
- bicarbonate de soude
La veille, faire tremper les pois chiches dans un grand saladier avec de l'eau. Les févettes n'ont pas besoin d'être trempées.
Le jour même, faire cuire les pois chiches, 20 mn, à l'autocuiseur, dans de l'eau salée, avec un peu de bicarbonate de soude (facilite la digestion). Les févettes cuisent de la même façon, mais seulement 5 à 10 mn.
Peler l'oignon et le hacher au hachoir électrique. Puis hacher les légumineuses cuites et égouttées, avec les épices. Le mieux est de procéder en 2 ou 3 fois pour que le résultat soit homogène.
Mettre le tout dans un grand saladier, avec l'oignon, la farine et le tahin. Malaxer avec les doigts pour fomer une pâte épaisse. Déjà on se réjouit du goût délicieux que cela aura une fois terminé... Laisser reposer le tout 2 heures au frigo. Puis former avec les doigts des boulettes de la taille d'une noix : une douce odeur d'oignon monte jusqu'aux narines...

Poser les boulettes sur une feuille de papier sulfurisé, puis sur la plaque ou la grille du four. J'ai laissé cuire 20 mn, thermostat 5 (6 pour un four électrique), puis j'ai laissé la cuisson se terminer 20 mn encore dans le four éteint, tandis qu'une délicieuse odeur épicée se répandait dans la cuisine.
PS : les falafels peuvent aussi se cuire à la poële, comme dans la version de Réglisse, sur son blog "Autrement bon" : rendez-lui donc une petite visite pour en avoir le coeur net !
Je termine par un gros bisou à Cachou, ma petite dame-chat qui partage mon quotidien et me tient compagnie quand je suis devant l'ordinateur. Ce 24 juin, cela fait 14 ans jour pour jour que nous l'avons trouvée, tout juste née, abandonnée par sa maman dans le jardin de la maison où elle est née. Nous l'avons sauvée, élevée, nourrie au biberon et adoptée. Nous en sommes bien récompensés depuis. Bon anniversaire, ma pupuce ! J'espère que tu garderas longtemps encore bon pied, bon oeil, et que nous avons encore de longues années de bonheur devant nous.

dimanche 21 juin
Pizza légère, savoureuse -et écolo- aux courgettes et piment doux
C'est l'été ! J'espère qu'il sera pour vous heureux et ensoleillé. Et écolo, pour le bien de notre planète : si vous avez vu le fim "Home", vous avez compris que nous sommes tous invités, tous autant que nous sommes, à réduire notre consommation de viande et de poisson.
Cela ne fait que confirmer ce que j'avais déjà écrit il y a peu dans cet autre article. Je savais déjà qu'une trop grande partie des céréales cultivées dans ce monde (50 % d'après le film), et qui pourraient nourrir des millions (milliards ?) de gens mangeant difficilement à leur faim, servent uniquement à élever du bétail destiné à être consommé par une petite partie du monde seulement. Mais je ne pensais pas que c'était à ce point... 50 % ! C'est énorme. Et que dire du message du film à propos des océans peu à peu vidés par la pêche intensive ? J'ai ai eu les larmes aux yeux.
Je vous avoue que je suis pessimiste. Quand je vois tous ces restaurants qui ne savent proposer que des plats carnés en guise de plat du jour, ces poissonniers qui, au marché, vendent thon et anguille à gogo (classés parmi les espèces menacées), ces diététiciens qui ne savent associer les protéines et la perte de poids qu'à la viande et au poisson... ces émissions TV culinaires et magazines papier où les produits carnés sont légion... alors que ceux-là, au moins, devraient donner l'exemple, on est mal barrés. Reste le citoyen lambda, c'est-à-dire nous, nos barbecues, nos apéros et nos pique-nique au saucisson, nos couscous aux merguez et nos pizzas au jambon. Et si, le temps de l'été, on changeait nos habitudes ?
Pour moi, c'est déjà fait depuis un an, et j'en suis d'autant plus satisfaite aujourd'hui.
C'est donc très naturellement que j'ai préparé l'autre jour ma première pizza de l'été, végétalienne, alliant piment doux et courgette, mes légumes préférés du moment, et une pâte levée, façon focaccia, que j'ai définitivement adoptée pour les pizzas. Et ce fut un régal. Avec sa farine semi-complète, ses légumes tout frais et juste cuits, elle avait l'odeur et le goût délicieux d'une pizza cuite au feu de bois (alors qu'elle fut bètement cuite dans mon four à gaz !)... bref, un furieux goût de reviens-y, au point que j'aurais volontiers mangé à moi seule les quatre parts, à la suite l'une de l'autre ! Le tout sans le moindre bout de jambon. Sans lardon. Sans thon. Sans chorizo. Sans viande hachée. Et même sans parmesan.
C'est tout de même pas compliqué de respecter notre planète et ses habitants.

Pour 4 parts :
La pâte :
- 50 cl d'eau
- 50 cl de lait de soja nature
- 20 cl d'huile d'olive
- 200 g de farine semi-complète (T110)
- 1 sachet de levure de boulanger
- 1/2 cc de sel
La garniture :
- 3 tomates (ici, tomates Roma)
- 2 courgettes
- 1 oignon
- 2 petits piments verts doux (ou un peu de poivron)
- 2 cs d'huile d'olive
- origan, romarin
Pour la pâte, en machine à pain : réunir les liquides dans un gobelet et les faire légèrement tiédir au micro-ondes. Les déposer dans la cuve de la map, ajouter le sel, la farine, la levure. Lancer le programme "pâte seule".
Pendant que la machine travaille, faire revenir à la poële, dans l'huile d'olive, les courgettes découpées en rondelles, ainsi que l'oignon émincé, et les piments verts, préalablement ouverts pour être débarrassés de leurs graines et découpés en fines lamelles. Saler légèrement.
Quand la pâte est prête, la déposer sur un papier sulfurisé. L'étaler finement au rouleau. Y répartir d'abord les tomates, crues, découpées en rondelles fines, puis le mélange des légumes cuits à la poële. Parsemer d'origan, de romarin (et toutes autres herbes que vous aimez).
Déposer la pizza sur la grille du four et la faire cuire une dizaine de minutes seulement, thermostat 5-6 (selon votre four) : cette pâte cuit très vite en gonflant légèrement sur les bords. D'où l'intérêt de précuire certains légumes avant. Aussi il faut bien surveiller la cuisson : la pâte doit rester moelleuse. En récompense de votre vigilance, vous profiterez de la délicieuse odeur sortant du four, qui met en appétit immédiatement !
lundi 08 juin
Dhal de courgettes, carottes et lentilles corail
Ces temps-ci, je mange léger. Non seulement je veux pouvoir entrer dans mon maillot de bain, mais j'avais tendance, depuis quelques semaines, à cultiver une gonflette bien désagréable au niveau du ventre. Pas étonnant quand est aussi gourmande que moi ! Diminuer la part des féculents me fait du bien, de même que, bien sûr, supprimer pour un temps les sucreries. J'ai dit au-revoir à la purée de cacahuettes (mon péché mignon de cet hiver) et je déguste les cerises nature, telles quelles, sans la moindre frustration, bien au contraire : c'est ainsi que je les préfère. Au goûter, des fraises avec du yaourt nature et, éventuellement, quelques cerneaux de noix.
Aussi, à moins d'un gros craquage de ma part, vous ne trouverez probablement pas ici, cette année, de clafoutis aux cerises ou de tiramisu aux fraises ; et j'avoue que pour une fois, je ne suis pas trop fascinée par les recettes de desserts que je vois sur les autres blogs.
En revanche, côté salé, le changement n'est pas révolutionnaire. Un peu plus de tofu (j'aime bien celui aux herbes), et 100 g de féculents maxi au repas. J'essaie aussi de donner la vedette plus souvent aux légumineuses. Mais pas question de manger fade ou triste, ce n'est pas mon genre ! La preuve ci-dessous avec ce dhal de légumes et lentilles corail, dont j'ai trouvé la recette sur le blog "d'Angélique, une gourmande qui sait se prendre en main". Seule modification de ma part : je n'ai pas mis de lait de coco. D'une part il contient beaucoup de lipides, d'autre part, je n'en avais pas envie. Malgré tout ce petit plat est très sympathique et constitue un plat consistant pour le repas de midi, tout en étant très léger.
Si vous cherchez des pistes pour perdre du poids avec une alimentation végé, il y a un article intéressant à lire chez Carevox (clic).

Pour 2 à 3 personnes :
- 100 g de lentilles corail (pesées crues)
- 1 courgette
- 3 petites carottes
- 2 cs d'huile d'olive
- 1 gros oignon rouge
- 1 bol d'eau tiède
- cumin, curcuma, et un chouia de purée de sésame (tahin, en magasin bio)
Faire revenir l'oignon émincé dans une cocotte avec l'huile. Ajouter les carottes, puis les courgettes, découpées en petits cubes. Faire revenir le tout en remuant sur feu doux. Quand les légumes commencent à être fondants (cela prend environ 1/4 d'heure), ajouter l'eau, les épices, les lentilles corail et le tahin. Saler légèrement. Laisser mijoter une dizaine de minutes en mélangeant régulièrement.
Et voilà, c'est prêt. Un petit plat très bon et bien parfumé que vous apprécierez même en été.
jeudi 04 juin
Boulettes de pois chiches aux légumes et à la menthe -sans oeuf, sans friture-
Une recette largement inspirée de celle découverte chez Time 4 Tea, pour laquelle j'ai eu un gros coup de coeur, et pour cause : ces boulettes sont très simples à faire, équilibrées, pas grasses et délicieuses. Seules modifications de ma part, je n'ai pas mis les flocons d'avoine et j'ai ajouté plein de menthe (j'en mets partout ces jours-ci), ce qui, vous l'imaginez, apporte un supplément de saveur et de fraîcheur. Vous trouverez sûrement d'autres variantes en fonction de vos goûts et de votre inspiration. Voilà une agréable façon de manger des légumineuses en été, loin des plats plus lourds et consistants de l'hiver. Froides, ces boulettes sont très bonnes également.
Merci, Muriel, pour cette superbe recette !

Pour 18 boulettes environ (convient pour 2 à 3 personnes) :
- un reste de légumes cuits, râpés ou finement émincés, environ 150 g : ici, courgette, carotte et oignon
- 200 g de pois chiches cuits (environ 75 g crus)
- feuilles de menthe à volonté
- la recette initiale comprend 6 cs de flocons d'avoine, que je n'ai pas mis
La veille, faire tremper les pois chiches dans un saladier rempli d'eau. Le jour même, les faire cuire avec un peu de bicarbonate de soude alimentaire (ils seront plus digestes). A l'autocuiseur, directement placés dans la cuve avec 4-5 fois leur volume d'eau, la cuisson ne prend que 20 mn.
On peut aussi utiliser des pois chiches en boîte, déjà cuits : mais c'est nettement moins bon, rien de tel pour vous dégoûter des pois chiches, je trouve...
Dans le blender ou le hachoir du robot, mettre les pois chiches égouttés et refroidis, les légumes, les feuilles de menthe. Mixer finement. Mettre le tout dans un saladier. J'ai ensuite tassé le tout et mis au frais 30 mn, cela facilite la confection des boulettes.
Former avec les doigts les boulettes de la taille d'une noix en les tassant légèrement. Les faire dorer 3-4 mn de chaque côté, à la poële légèrement huilée. Déguster avec une salade, ou une sauce tomate fraîche par exemple.
lundi 01 juin
Pâtes soba aux légumes printaniers et crème de soja
J'espère que ce week-end prolongé se passe bien pour vous... Ici, c'est balades sous le soleil, en bord de mer, bord de lac, sur les sentiers forestiers ou en ville, mêlée aux nombreux touristes venus cette année encore à Biarritz. L'occasion de se remplir les yeux de lumière, d'horizon tout bleu, de nature, de bleu, de vert. L'organisme, lui, fait le plein d'oxygène et de vitamine D, créée par la lumière du soleil, celle qui fixe le calcium. Crème solaire et lunettes de soleil sont de rigueur, même en ville, pour éviter rougeurs et irritations occulaires (fichu pollen...).
Mais côté nourriture, aujourd'hui on s'inspire (en partie) du Japon, avec les pâtes soba dont j'avais parlé dernièrement. Cette fois je les ai cuisinées avec des petits légumes bien de chez nous et cette crème de soja que j'adore, rappelant la crème fraîche (attention, ce n'est pas la même chose que la "sauce soja", typiquement asiatique, que je n'aime pas du tout et que vous ne trouverez jamais dans mes recettes). Les protéines de soja, elles, apportent une excellente dose de protéines qui font de ce plat de pâtes un plat complet.
Un petit plat qui n'a l'air de rien mais avec lequel, moi, l'amoureuse des pâtes, je me suis régalée comme jamais, sans avoir eu besoin d'y mettre ni fromage, ni beurre, ni autre produit animal.... que du végétal !

Par assiette, il faut :
- 50 g pesés crus de pâtes soba (pâtes japonaises à la farine de sarrasin, en magasin bio)
- 100 g de petits pois (ici, surgelés)
- 2 petites carottes nouvelles
- 1 petit oignon frais, ou bien de l'oignon rose
- 25 g (pesés crus) de protéines de soja
- 2 cs de crème de soja (Provamel)
- 1 cs d'huile d'olive
- estragon
- 2 cs de vin blanc
Réhydrater les protéines de soja dans un petit bol rempli d'eau, pendant 5 à 10 mn, puis les égoutter en les pressant entre les doigts. Découper les carottes en julienne, sans les peler si leur peau est fine et si elles sont bio. Emincer l'oignon.
Mettre les carottes, et l'oignon dans une poële et les faire revenir à feu doux avec l'huile d'olive, en remuant. Quand les légumes se sont attendris, ajouter les protéines de soja et le vin blanc, l'estragon, laisser cuire le tout quelques instants en remuant pour tout mélanger.
Pendant ce temps, faire cuire les pâtes et les petits pois, ensemble, dans de l'eau bouillante légèrement salée, 10 mn environ. Egoutter, mélanger aux autres légumes. Déposer dans la ou les assiettes, arroser de crème de soja et déguster.
lundi 25 mai
Riz épicé aux légumes (ras-el-hanout, carotte et citron confit)
Ces temps-ci, nous bénéficions d'une telle variété de crudités -asperges, navets nouveaux, radis, etc... et mon cher chou-rave auquel je suis définitivement accro, cru, en salade-, qu'ils ont la priorité dans l'assiette. J'adore les trancher, les croquer....
Du coup le reste du repas passe un peu au second plan et l'inspiration, parfois, manque un peu. Mais comme on ne va tout de même pas se nourrir que de crudités, faut bien trouver quelque chose d'autre à faire pour compléter le menu. De préférence quelque chose de simple, rapide, surtout quand on s'y prend au dernier moment comme moi ce jour-là. C'est ainsi qu'est né, dans la catégorie des recettes simplissimes faites dans l'improvisation, ce riz aux épices agrémenté de quelques févettes, ce qui en fait un plat de protéines complètes.
J'y ai mis du ras-el-hanout, un mélange d'épices que je découvre et que j'adore. Du moins un mélange qui porte ce nom mais qui est peut-être assez loin du véritable ras-el-hanout, lequel, selon le livre de cuisine maghrébine que je lis en ce moment (voir références au bas du message), peut contenir jusqu'à cent ingrédients. Je suppose que ça faisait un peu beaucoup pour tout mettre dans un seul petit pot. Ducros se décarcasse, mais pas à ce point-là.
On trouve aussi dans ce riz-là les autres ingrédients que j'avais sous la main ce jour-là : citron confit, carotte... toujours dans l'improvisation totale. Finalement, et de façon inattendue, c'était si bon, que ç'aurait été dommage de ne pas en parler ici.

Pour une à deux personnes, il faut :
- 50 g de riz pesé cru (ici, riz demi-complet de Camargue, pour soutenir nos producteurs de riz)
- 30 g de févettes sèches, ou à défaut, des lentilles
- 1 gros oignon frais
- 1 carotte
- 1 cs d'huile d'olive
- 1/2 l de bouillon de légumes fait avec une demi-tablette (avec la tablette entière, c'est trop salé)
- 1 tranche de citron confit
- 1 bonne pincée de ras-el-hanout (mélange d'épices, Ducros)
Cela ressemble à un risotto mais ça n'en est pas vraiment un. Je n'avais aucune envie de passer 30 mn à mettre le bouillon, louche par louche. J'ai donc simplifié tout ça.
Bien sûr, j'ai émincé l'oignon, découpé la carotte en tranches fines, et je les ai faits revenir dans l'huile d'olive, dans la cocotte. Ensuite, j'ai ajouté le riz, puis les févettes, bien remué pour tout imprégner d'huile. J'ai versé le bouillon de légumes, en une seule fois, ainsi que les épices. J'ai mis le couvercle de la cocotte (sans la fermer tout à fait) et laissé bouillonner le tout à feu doux, pendant 25 mn environ, jusqu'à ce que tout le liquide soit absorbé, et en remuant régulièrement. Pour finir, j'ai ajouté le citron confit découpé en petits morceaux.
Le riz était aussi moelleux et fondant que dans un vrai risotto... tout en ayant des qualités nutritionnelles meilleures qu'un riz "spécial risotto". Et puis, ce petit goût épicé, c'est les vacances, le soleil, l'été avant l'heure !
(pour Lululibellule et tous ceux/celles que cela intéressera : le livre de cuisine maghrébine dont j'ai parlé à propos du ras-el-hanout s'appelle : "La cuisine de Momo - couscous, tagines et compagnie", par Mourad Mazouz, paru en 2002 aux éditions Marabout. Très beau livre, pas végétarien mais dont on peut adapter les recettes)
vendredi 22 mai
Pancakes aux petits pois et fanes de radis
C'est grâce à la blogosphère que j'ai enfin daigné utiliser les fanes de radis. Jusque-là, j'avais entendu parler de la fameuse soupe, mais ça ne me disait rien du tout... faut pas croire que parce qu'on est végé, on se précipite spontanément sur tout ce qui est vert. Cependant, à force de lire les commentaires enthousiastes de celles qui ont publié leurs recettes, on finit par se dire que ça vaut peut-être le coup de cuisiner cette verdure au lieu de la jeter. Même quand elle nous est fournie toute pleine de terre, comme celle des radis de l'Amap, que l'on passe dix minutes à nettoyer.
J'ai beaucoup aimé cette soupe, dont vous trouverez la recette en maints endroits de notre sympathique culinosphère. Mais pourquoi faudrait-il se contenter d'utiliser les fanes de radis en soupe, me suis-je dit alors ? J'en ai ajouté à ces pancakes aux petits pois et le résultat était très sympa. A l'avenir, je tenterai de les utiliser de différentes façons, dans des mitonnées de légumes, des omelettes, des tartes, pour varier les plaisirs.

Pour une dizaine de pancakes :
- 100 g de petits pois (ici, surgelés)
- 1 petit bol de fanes de radis, 30 g environ
- 1 cs d'huile d'olive
- jus de cuisson des petits pois
- 90 g de farine + 1 cs de farine de soja (ou 100 g de farine de blé)
- 1 oeuf
- 1 cc de levure chimique
- bouquet garni déshydraté type Ducros
- 1 grosse cs de fromage blanc (facultatif, mais ça donne de l'épaisseur et du moelleux)
Version végétalienne, ou pour les intolérants à l'oeuf ou au lactose : on met 5 à 10 g de fécule de pomme de terre à la place de l'oeuf (soit une bonne cuillère à café) et un peu de yaourt de soja nature à la place du fromage blanc.
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Faire cuire les petits pois dans une eau peu salée, 10 mn. Egoutter en gardant un peu d'eau de cuisson pour réaliser les pancakes.
Faire revenir à la poële, quelques instants, les fanes de radis avec l'huile d'olive.
Mélanger l'oeuf battu (ou la fécule) avec la farine, la levure, ajouter un peu d'eau de cuisson des petits pois jusqu'à obtenir une pâte souple, mais pas liquide (quelques cuillerées à soupe suffisent). Mélanger au fouet pour lisser la pâte, sans trop insister sinon elle devient élastique. Ajouter le fromage blanc (ou le yaourt de soja), le bouquet garni, les petits pois et fanes de radis cuits, mélanger de nouveau.
Faire cuire les pancakes sur une poële ou une crépière huilée, par cuillerées déposées en petits tas, 1 à 2 mn de chaque côté. Ils se conservent très bien et peuvent même se congeler. On peut les consommer froids mais j'avoue que je les préfère tièdes. Avec une salade verte, c'est un repas printanier et léger comme je les aime.





