Le choix de Cicerolle - Blog de cuisine végétarienne

Cuisine végétarienne -sans viande, sans poisson- aux recettes savoureuses et équilibrées. Menu-type & journée-type végétarienne, informations nutritionnelles.

vendredi 23 mai

Exemple de journée-repas végétarienne

De nombreuses personnes cherchent à savoir de quoi se compose une journée-repas végétarienne. Je donne donc ci-dessous, à titre d'exemple, mes propres menus. Sachant que j’ai un petit gabarit et que je ne suis pas une grande sportive, je n’ai pas de gros besoins et mes menus sont organisés en conséquence. Quelqu’un de plus "costaud" ou plus actif prendra des rations plus importantes.

L’une de mes règles d’or est de veiller à l’index glycémique de mes repas, qui permet de manger de tout sans risque de prendre du poids et, surtout, de pas avoir de coup de pompe ni de gros creux dans la journée. Si vous ne savez pas ce qu’est l’index glycémique, vous trouverez toutes informations sur le site de Michel Montignac, pionnier et pape en la matière.

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Sachez aussi que la plupart du temps, mes biscuits, pâtes à tarte, pain et yaourts sont faits maison. Je n'achète aucun plat tout prêt, aucune soupe toute faite etc : ils coûtent chers, sont moins bons que la cuisine faite maison, sont trop salés, trop gras, comportent de nombreux ingrédients sans intérêt au niveau nutritionnel (colorants, stabilisants, conservateurs etc) et peuvent aussi, malheureusement, contenir des ingrédients provenant de chair animale.

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Matin
- Thé léger, sans sucre
- 50 g de flocons de céréales, nature, (achetés en vrac en magasin bio, ils sont à prix très raisonnable), avec un peu de lait de soja vanille
- 50 g de pain complet ou demi-complet, fait maison, en machine à pain, avec un peu de beurre, confiture ou compote
- Un fruit, souvent une banane (fruit génial, bourré de vitamines et oligo-éléments pour seulement 90 calories aux 100 g)

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Midi
- Une assiette de crudités de saison ou de salade verte assaisonnée à l'huile de colza
- Un plat de légumes et féculents (environ 150 g de féculents pesés cuits), pouvant se décliner en mille et une préparations : gratin, galettes, salade composée, tarte, crèpes ou pâtes aux légumes, couscous... voyez les recettes salées de ce blog pour vous donner des idées. Consultez aussi les listes de recettes végétariennes trouvées sur les autres blogs et listées colonne de droite. 
Ces plats peuvent contenir des œufs ou du fromage, mais ni viande, ni poisson, ni aucune préparation pouvant contenir de la chair animale (trop de gens croient que les végétariens mangent du poisson : c'est faux).

Note : il faut éviter de consommer plus de 4 à 5 œufs par semaine. Si possible on évitera également les fromages à pâte dure, qui contiennent de la présure, faite avec de la chair animale. De plus, le fromage étant un produit gras, on le consomme raisonnablement.
On peut aussi ajouter au repas d'autres protéines végétales, en fonction de son appétit : légumineuses, tofu, seitan, protéines de soja...

- Je termine par un bon café pris avec un carré de chocolat noir, ou une crème dessert végétale, ou quelques biscuits fait maison, ou une poignée de fruits secs (non salés !)

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16h30 / 17 h 
L'heure du goûter est importante ! C'est une vraie pause permettant de tenir le coup jusqu'au repas du soir ; et ce n'est pas un simple thé qui m'y aidera. Personnellement, j'ai besoin d'une vraie collation. C'est le moment de se faire plaisir, mais attention : il n'est pas question de se lâcher sur les sucreries.
-
un fruit frais, de saison
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un yaourt nature, fait maison (ceux du commerce contiennent souvent du sirop de glucose !) saupoudré de germe de blé 
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parfois quelques fruits secs non salés (noix, amandes etc) ou quelques biscuits maison.
- Eventuellement, une tranche de pain tartinée d'un peu de purée d'oléagineux (délicieux !).
- En guise de boisson : plutôt une infusion qu'un thé : le thé empêche l'assimilation du fer par l'organisme. Il est recommandé de ne pas trop en boire et pas en même temps que les aliments contenant du fer (céréales, légumineuses, légumes...)

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Soir
- Un bon bol de potage de légumes fait maison avec des légumes frais ou surgelés (pitié, pas de soupes en brique ou en sachet !)
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150 g environ (pesés cuits) de légumes secs, variés : lentilles brunes, blondes ou corail, pois cassés, haricots secs, févettes... simplement ajoutés à la soupe de légumes, ou cuisinés en galettes, houmous, falafels etc.
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Une tranche de pain complet, légèrement tartinée de fromage fondu, type Rondelé ou Tartare, ou bien, (rarement), accompagnée d’une part de fromage type "brique" ou camembert. Sans présure animale, on trouve par exemple L'Ortolan (mon préféré !) , le Pavé d'Affinois, la brique de chèvre de Coeur de lion.

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Remarques :

- En guise de boisson, j'ai adopté l'eau minérale Courmayeur, qui couvre les besoins quotidiens en calcium. Ainsi, aucun risque de carence. D'autres eaux minérales contiennent également du calcium (Vittel, Hépar...). Quant à l'eau du robinet, il y a des années que je ne la bois plus, elle me rend malade.... j'ai appris récemment qu'on y trouve de nombreux résidus de substances médicamenteuses, non éliminés par les opérations de nettoyage : ceci explique peut-être cela.

- Il faut éviter de boire trop de thé : le thé empêche l'absorption du fer par l'organisme. Je ne laisse mon sachet de thé infuser que quelques instants (moins d'1 mn). Au goûter et le soir, je préfère les infusions.

- TOUT est important dans cette journée-type, y compris le petit déjeuner et le goûter qui apportent une partie des protéines et autres nutriments essentiels de la journée. Si vous ne prenez pas de petit déjeuner ou goûter, il faut faire des repas plus consistants et des collations à d'autres moments du jour.

- Cette journée-type passe pour être très équilibrée d'après les avis que j'ai pu recueillir. Depuis que je l'applique (depuis avril 2008), elle me convient bien, je suis en forme. Mais il s'agit d'un exemple, chacun doit trouver sa journée-type en fonction de ses besoins, ses goûts, son rythme de vie.

Lisez plus loin sur ces pages les "principes du végétarisme" pour mieux comprendre comment tout cela fonctionne. Vous trouverez un autre exemple de journée-type végétarienne sur le site Dietobio, proposé par une diététicienne.

Bref, comme vous le voyez, un végétarien ne mange pas que la «verdure» : il ne s'installe pas dans l’herbe pour brouter comme les vaches…

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Posté par ca_mi_phi à 08:38 - c-Manger végé : journée-type, principes - Commentaires [7] - Permalien [#]

jeudi 22 mai

Les principes de l'alimentation végétarienne

J’ai souvent lu ces derniers mois des témoignages de jeunes (ou même de moins jeunes, parfois !), qui disent s’être lancés dans une alimentation végétarienne, voire végétalienne, sans avoir pris la peine de s’informer sur la façon de manger équilibré. Ils font un peu n’importe quoi et au final mettent leur santé en jeu. Certains s’étonnent après ça d’être fatigués !

Quand ils sont très jeunes, les nouveaux venus agissent souvent pour l’amour des animaux, un leitmotiv qui les obnubile au point qu’ils s’oublient parfois eux-mêmes, comme en sacrifice à leur cause.

Or, aucune conviction, aucune bonne cause, ne justifie de mettre sa santé en péril. Notre corps ne se nourrit pas d’idéaux, il a besoin chaque jour d’éléments essentiels, pour survivre, être en forme, rester en bonne santé, pour que nous puissions mener nos activités à bien, mais aussi avoir bonne mine, de beaux cheveux etc. Tout ce que nous mangeons (ou pas) a un effet sur notre organisme. La santé, le bien-être, et même la forme nerveuse et mentale, ça commence dans l’assiette, qui selon moi est à la base de tout.

Si un végétarien veut être pris au sérieux, et désarçonner les réactions souvent négatives de son entourage, il doit être irréprochable dans son équilibre alimentaire : la moindre carence donne du grain à moudre à ses détracteurs et fait du tort au végétarisme dans son ensemble. Au contraire, un végé équilibré, en forme, est le meilleur exemple, la meilleure publicité pour son mode d’alimentation, et le meilleur pied de nez aux sceptiques : d’où la nécessité de s’informer très concrètement. Avec toutes les infos qui circulent sur le net et dans la presse, livres, magazines, etc, on n’a pas d’excuse pour manger à l’aveuglette !

Il existe plusieurs sortes de végétarisme. Le plus courant est l’ovo-lacto végétarisme que je pratique ici. Il exclut toute chair animale, viande ou poisson, et tout produit fait avec ces ingrédients (saucisson, surimi, sushis, thon en boîte, foie gras, etc…), mais autorise les sous-produits animaux, ne nécessitant pas la mort de l’animal pour leur production : œufs de poule, laitages (yaourts, fromage, crème, beurre) et miel.

Si l’on veut faire les choses dans les règles de l’art, il faut veiller à manger des fromages sans présure animale (voir lien en bas de page pour plus d’informations). De même, dans tout ce qu’on achète, il faut toujours regarder les étiquettes. Certains yaourts, ou desserts lactés, certaines glaces et certains beurres allégés contiennent de la gélatine, faite avec de la chair animale.  De nombreux colorants et autres additifs sont également de source animale. D'où l'intérêt de s'en tenir aux produits dits "de base".

Supprimer toute chair animale a une conséquence majeure : celle-ci fournit les protéines qui entretiennent nos muscles et qui nous sont absolument indispensables, chaque jour, tout au long de notre vie. Ces protéines, il faut donc les trouver ailleurs.

Mais il n’est pas question de «remplacer» la viande par autre chose. La viande n’étant pas indispensable (ni le poisson) elle n’a pas besoin d’être remplacée. Ceux qui mangent chaque jour du steack de soja ne sont pas légion.

D’ores et déjà, la consommation régulière d’œufs et de laitages fournit une partie des protéines dont nous avons besoin. Pour cette raison, il est admis que l’ovo-lacto-végétarisme bien conçu ne peut provoquer aucune carence. Les laitages fournissant également du calcium, important pour la solidité des os, il ne faut jamais les supprimer sans se soucier de la façon dont on va trouver assez de calcium ailleurs : en priorité dans les eaux minérales qui en contiennent, et dans le lait de soja enrichi en calcium (veillez à ce que soit précisé sinon cela veut dire qu’il n’y en a pas) puis, dans une moindre mesure, les légumes, les fruits secs, les légumineuses.

Pour autant, il n’est pas question de se gaver d’œufs et de fromages sous prétexte d’être rassasié. Tout au contraire, pour des raisons de santé, d’éthique, nous devons consommer ces aliments raisonnablement. Tout comme la viande, ils contiennent des graisses qui, si elles sont trop importantes dans l’organisme, l’encrassent et menacent son équilibre. Un œuf par jour semblerait la limite à ne pas dépasser.

Par ailleurs, on trouve des protéines un peu partout, dans les céréales, les légumineuses et même les végétaux, mais en petits bouts appelés acides aminés, que l’organisme ne peut pas utiliser tels quels pour nourrir les muscles. Il faut donc manger, chaque jour, au cours des différents repas (mais pas forcément le même) des céréales (pâtes, riz, maïs, sarrasin etc) et des légumineuses (lentilles, pois cassés, pois chiches etc), dont les acides aminés sont complémentaires, et avec lesquels l’organisme va pouvoir reconstituer des protéines dites «complètes», qu’il utilisera de la même façon que celles de la viande. Ceci offre la possiblité de se passer définitivement de viande et de poisson. C’est ainsi que, pour ma part, je mange des céréales chaque jour, à midi, et des légumineuses, chaque soir.

De tous temps, ainsi, les peuples du monde entier ont su lutter contre le déséquilibre alimentaire et la famine dans les périodes où la viande manquait. Des associations traditionnelles céréale-légume sec existent dans toutes les gastronomies nationales : riz et lentilles en Inde, maïs et haricot au Mexique, couscous et pois chiche dans le Maghreb... Le végétarisme ne date donc pas d’hier. C’est une pratique remontant à la nuit des temps. Plusieurs philosophes de l'Antiquité grecque étaient végétariens.

On choisira de préférence et le plus souvent possible des céréales complètes (pâtes complètes, riz complet ou demi-complet, farine complète etc), qui contiennent davantage de fibres, rassasient mieux et plus durablement que les céréales raffinées, types pâtes aux œufs classiques, riz blanc, pain blanc. Non, les pâtes complètes n’ont pas mauvais goût ! C’est un goût plus marqué, il faut juste s’y habituer ! Ainsi, on mangera à sa faim et on sera calé pour de longues heures, pour une moindre quantité, donc sans excès de calories et sans risque de prise de poids.   

Là aussi, il est inutile de se gaver ! Les quantités sont à définir selon notre gabarit, nos activités, notre métabolisme. Un petit outil m’a beaucoup aidée, que vous aimerez aussi : allez donc voir sur ce site (clic), inscrivez votre poids dans le tableau et voyez quelle dose de protéines il vous faut pour une journée.

Puis, dans le tableau au-dessous, choisissez les aliments que vous avez ou allez consommer aujourd’hui, afin de savoir s’ils vous fournissent assez de protéines. C’est concret, pratique, on sait où on va, c’est rassurant !

Au-delà des chiffres, il faut se fier à son appétit, écouter son corps. Une règle d’or pour ne pas grossir : manger à sa faim, cesser de manger dès qu’on est calé, même si on n’a pas fini son assiette. C’est ce qui permet de manger de tout, même des gourmandises sucrées, sans se priver. C’est valable pour tous, y compris pour les omnivores !

L’alimentation végétarienne met également l’accent sur la consommation de  fibres, de vitamines et de minéraux qui protègent notre santé, luttent contre le vieillissement prémature et diminuent les risques de cancer. On les trouve dans les légumes, les fruits frais, les fruits secs, les graines de toute sorte. La vitamine C que contiennent fruits et légumes frais permet de bien absorber le fer apporté par les légumineuses et les céréales : il faut donc en consommer à chaque repas.

Afin de bénéficier de toute la gamme des vitamines, minéraux et acides aminés, il faut varier au maximum le choix de ses fruits, légumes, céréales, légumineuses. Ne pas manger uniquement des pâtes de farine de blé ou du riz ! Tester les pâtes à l’épeautre (en magasin bio), le sarrasin, l’orge, l’avoine… chacun ayant ses propres atouts. Ils peuvent également être consommés en muesli au petit déjeuner ou au goûter. Bon à savoir : le muesli bio en vrac est moins cher au kilo que les paquets de muesli bio du supermarché.

Une alimentation végétarienne équilibrée, c’est avant tout, une alimentation équilibrée tout court. Ce qui signifie qu’il faut éviter de manger trop gras, trop salé, trop sucré. Il faut préférer la cuisine faite maison aux plats préparés, souvent trop salés, pas assez équilibrés au niveau nutritionnel. J'ai laissé tomber tous les produits contenant de l'huile de palme et/ou du sirop de glucose, des ingrédients utilisés pour réduire les coûts de production mais très mauvais pour l'organisme. Attention aussi aux graisses trans, si décriées. A fuir. 

Aussi, voyez, tout ça est finalement très simple et plein de bon sens. Certains bouleverseront leurs habitudes, découvriront tout pleins de nouveaux produits, alors que d’autres, comme moi, ne changeront que modérément leur façon de manger, simplement agrémentée deci-delà de quelques nouveautés. Tous, en tout cas, seront surpris de trouver là une alimentation bien plus variée et délicieuse que ne l’imaginent la plupart des omnivores.

Et si, une fois en passant, vous mangez par mégarde un bout de poisson, pas d’affolement ! Comme je l’ai lu l’autre jour, sur un site, et cela m’a fait bien rire : Le végétarisme n’est ni une religion, ni une secte, et ses adeptes n’ont pas besoin de faire un serment d’allégeance, une main sur le cœur et l’autre sur un paquet de tofu !

Voici ci-dessous des liens à consulter pour tout plein d’autres informations intéressantes. De grâce, lisez ! Informez-vous ! Ce n'est jamais du temps perdu.

http://www.vegetarisme.fr/docs/FicheConseils-Alimentation-Vegetarienne.pdf
Conseils pour une alimentation végétarienne bien menée

http://www.vegetarisme.fr/docs/FicheResumePositionAAD.pdf
Le point de vue des diététiciens

http://www.vegetarisme.fr/docs/VegetarismeEtVotreSante-RV.pdf
Végétarisme et santé

http://vegenutrition.free.fr/conseils.html
Conseils pour équilibrer ses journées-repas

http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/Regimes/Fiche.aspx?doc=vegetarisme_regime
Présentation du végétarisme et bienfaits pour la santé

http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2006022202
En santé, les végétariens !

http://www.dietobio.com/dossiers/fr/vegetarisme/index.html
http://www.dietobio.com/dossiers/fr/index.html
http://www.dietobio.com/dossiers/fr/guide_alimentaire/index.html
Guide alimentaire du végétarien

http://www.dietobio.com/dossiers/fr/calcium/index.html

Le régime végétarien et le calcium

http://sante.nouvelobs.com/site/Dossier.asp?ID=150&rub=Nutrition
Régime végétarien : tout ce qu’il faut savoir, pour ne manquer de rien

http://www.vegetarisme.info/spip.php?rubrique42
Végétarisme et présure animale

Voir aussi tous les autres blogs culinaires, en lien à droite, pour des recettes variées et délicieuses.

Posté par ca_mi_phi à 09:40 - c-Manger végé : journée-type, principes - Commentaires [14] - Permalien [#]

Profil-type, carences alimentaires et autres poncifs au sujet des végétariens

C’est incroyable ce qu’on peut lire dans la presse à propos des végétariens. Des tas d'idées reçues, de propos réducteurs, à croire que ces gens-là sont une race à part, porteuse d’une maladie mystérieuse et qu’on regarde de loin (et de travers) pour ne pas risquer d’être contaminés. D’où cette vision cucul la praline. Il paraîtrait que les végés ne fument pas, ne boivent pas, font du sport… Sans blague ? On les a tous rencontrés, pour affirmer cela ? C’est comme si on disait que les amateurs de viande et poisson mangent du bœuf le lundi, du poulet le mardi, du cabillaud le mercredi, du thon le jeudi... Je les entends déjà qui rouspètent, à juste raison ! Personnellement, je ne fume pas, mais je ne crache pas sur un verre de vin à l’occasion et je ne fais aucun sport, ma seule activité physique étant un peu de marche à pied, lorsque la météo le permet. Il y a autant de façons de vivre en étant végé qu’il y a de régions, de métiers, de tranches d’âge et de traits de caractères !

Mais on retrouve ces poncifs dans tout une série d’articles, copie les uns des autres, par exemple, ici. Il est dit que les végétariens souffrent moins d’obésité, de diabète, de cancer, sont moins malades. Mais qu’un régime carné accompagné d’une bonne hygiène de vie donne les mêmes résultats. Quelle hypocrisie, quand on sait qu’une alimentation végé bien pensée est nettement moins grasse et contient beaucoup moins de cholestérol, voire pas du tout !

On cherche aussi, dans ces articles, à établir le profil type du végétarien. C’est bien franchouillard, cette manie de vouloir à tout prix établir des classifications. Dans d’autres pays où le végétarisme est plus courant et presque banal (les pays anglo-saxons en particulier), personne ne se soucie de ce genre de choses. Les gens vivent ensemble sans se poser tant de questions et ce choix est aussi commun que le fait de préférer le rouge au bleu. Mais ce qui là-bas est tout à fait naturel passe encore ici pour une bizarrerie. Au nom de quoi, je vous le demande ?

Il n’y a pas, il n’y aura jamais de profil-type du végé. Les motivations sont extrêmement diverses et personnelles, allant de la protection animale (qui n’est jamais mise en avant dans les articles de presse consacrés aux végés. Trop polémique, peut-être ?), à des questions de santé, d’allergies, voire d’écologie, en passant par les soucis de budget, l’envie d’authenticité, ou, tout simplement, comme pour moi, un manque d’attirance pour la viande. Ou bien, comme l’écrit cet article dans les Echos :  «c’est souvent un acte protestataire contre la malbouffe, l’alimentation industrielle, voire la gastronomie bourgeoise». Ce dernier point tombe pile dans mon crédo. Protestons, mes amis, protestons, les bonnes raisons ne manquent pas ! Mais je ne pense pas que ce soit représentatif de la majorité des végés. Beaucoup ne se reconnaîtront pas là-dedans.

Il n’y a pas non plus d’alimentation végétarienne type. Sinon vous trouveriez sur ce blog des plats à base de seitan, de quinoa, d’algues et autres graines germées qui ne sont pas ma tasse de thé mais dont certains végés (ou pas !) sont fans. Quant à l’équilibre alimentaire du végétarien, il est, comme pour les omnivores, soumis à une bonne information et à des menus bien conçus. La révolte gronde en moi quand je lis que les végétariens ont un risque de carences en fer, en calcium, en iode, que manger trop de graines, de noix et d’huiles n’est pas bon pour la santé et que sais-je encore… Non mais sans blague ! De très nombreux omnivores sont eux-mêmes carencés en fer et en d’autres choses. Beaucoup d’entre eux mangent peu de viande, jamais de légumineuses, ce qui était mon cas il y a encore un an.

Or, avec les légumes et fruits secs, et les céréales complètes, le taux de fer des végétariens est certainement bien plus équilibré que celui de bon nombre de non-végés qui mangent n’importe comment (et ils sont légion). A ce sujet, je vous propose d’aller lire le post que nous avons fait sur le forum "Veg et bio" indiquant les sources de fer végétales, avec doses et quantités précises, informations données sur un autre forum, par une professionnelle de la nutrition. Voyez que je ne parle pas en l’air. Vous verrez qu’il est facile d’obtenir chaque jour sa dose de fer végétal, sans se prendre la tête avec cela, sachant qu’il faut 15 mg/jour pour une femme, 8 mg pour un homme (adultes). Pour ma part, depuis que j’ai adopté cette alimentation, je ne connais plus ces coups de fatigue si fréquents par le passé.

Au sujet du calcium, plusieurs eaux minérales en contiennent suffisamment pour couvrir une bonne partie des besoins quotidiens qui sont, pour un adulte, de 900 mg/jour. J’ai adopté l’eau Courmayeur : 800 mg par bouteille, excusez du peu.  Vittel et Hépar en contiennent également, à un taux moindre. Les fruits et légumes, les fruits secs, les légumineuses en apportent aussi. Il n’y a pas que les produits laitiers qui fournissent du calcium. Sinon, imaginez la détresse des nombreux intolérants au lactose.

L’iode ? Il y en a dans tous les sels fins vendus en magasin, à des doses calculées pour couvrir les besoins ! Tout le monde sait cela, enfin ! Pour ma part, vivant en bord d’océan, je dois avoir davantage d’iode en stock que tous les parisiens qui mangent du poisson mais partent en vacances une fois par an seulement ! Voyez, il est trop facile de dire que les végés manquent d’iode !

Quant au fait qu’il est dangereux de manger trop de graines… bien sûr ! De la même façon qu’il n’est pas bon d’aller trop souvent au Mc Do ! De manger trop de pizzas surgelées et autres plats tout faits si prisés par bon nombres de gens n’aimant ni cuisiner, ni manger des légumes ! Mais qui a dit que les végétariens passaient leur temps à manger des graines ? Vous avez déjà vu, vous, sur un blog végé, un maxi-gratin de noix et de graines de tournesol ? Assez de stigmatisation, enfin !

Aussi, mesdames et messieurs les journalistes, revoyez votre copie. Au lieu de reprendre en choeur, sans discernement, le même communiqué de presse mal ficelé au sujet de l’alimentation végé, informez-vous réellement sur ce qu’est le végétarisme, soyez enfin honnêtes et cessez de nous considérer comme des bestioles étranges et farfelues.

Certes, nous ne mangeons ni viande, ni poisson (trop de gens pensent que les végés mangent du poisson), mais à part ça, nous sommes comme vous, nous avons deux bras, deux jambes, deux yeux et deux narines, nous vivons comme vous, parmi vous et nous pestons tout pareil que vous dans les embouteillages. (ça vous étonne, hein ? Vous imaginiez que nous nous défoulions en avalant double dose de tofu au repas suivant ?)

Nous avons de bonnes raisons d’être fiers de notre façon de manger, et de porter haut notre bannière végétale. Nous avons déjà compris, nous, qu’aucun produit animal n’est indispensable à l’équilibre alimentaire ou à la cuisine. Hormis la fameuse vitamine B12, exception confirmant la règle, tous les nutriments et procédés culinaires qui existent au niveau animal, qu’il s’agisse de viande, poisson, œuf ou laitage, salé ou sucré, trouvent leur équivalent dans le monde végétal. Tous.  Il n’y a qu’à voir le succès de l’agar-agar sur nos blogs culinaires, en lieu et place de la gélatine. Mais aussi, sur les blogs végétaliens, les gaufres, flans, lemon curd et autres génoises, sans le moindre gramme d’œuf. Cette cuisine-là a de beaux jours devant elle. Pour les meilleures raisons du monde, qui ne s’arrêtent pas au refus de l’exploitation animale. Etre végé, c’est aussi faire preuve de réalisme et de sagesse, c’est être en prise avec les problèmes écologiques les plus flagrants, proches de nous, concrets, notre vie quotidienne d’aujourd’hui et demain. Pour en être convaincu, il suffit de lire quelques extraits de cet autre article, dans les Echos, traitant, lui, des problèmes liés à l’eau, qui fait froid dans le dos :

«Le monde économique commence à s'intéresser à l'eau. Et ce qu'il découvre n'est guère rassurant. Les organisateurs du Forum économique mondial de Davos (Suisse), (…) ont publié pour la première fois un rapport consacré à cette question ».

Et son ton est alarmiste. "Nous ne pouvons tout simplement pas continuer à gérer l'eau comme nous l'avons fait par le passé, ou la sphère économique s'effondrera", écrivent les auteurs en préambule. Les perspectives des deux prochaines décennies, si rien ne change, donnent la chair de poule. La rareté de l'eau aura des conséquences sur la croissance économique, la sécurité humaine, l'environnement et la stabilité géopolitique."

"Les ressources de plusieurs régions du monde sont au bord de la faillite ».

« Le changement des habitudes alimentaires dans les pays en développement, où la consommation de viande s'accroît, aggrave la situation. Un régime carné requiert 5 400 litres d'eau par jour, soit le double d'un régime végétarien, pointe le rapport. » (etc....)

A bon entendeur…

Posté par ca_mi_phi à 00:02 - c-Manger végé : journée-type, principes - Commentaires [18] - Permalien [#]
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