Météo France ne s'était pas trompé. A 4 heures du matin, précises, comme annoncé, le vent s'est mis à souffler et la journée a commencé. Du coup, elle a été fort longue. Réveillée par le volet qui claquait, j'ai fait rentrer ma petite minette, Cachou, 13 ans, qui aime passer la nuit dehors, sans jamais s'aventurer, Dieu merci, trop loin de la maison, ce qui lui a permis d'entendre mes appels. Malgré le vent, j'ai réussi à me rendormir un moment. Ce vent assourdissant, effrayant, m'a tirée de nouveau du lit à sept heures.

Ici, à Biarritz, on a l'habitude des tempêtes. Mais là, c'est autre chose. C'est la nature qui devient folle, incontrôlable. Par la fenêtre de la cuisine, la seule que j'ai osé ouvrir, de peur qu'un objet volant vienne fracasser les autres, j'ai été désolée de découvrir que le petit arbre sur lequel ma Cachounette aimait grimper était à terre... huit ans de bons et loyaux services, huit ans d'amitié avec ma pupuce, se sont brutalement achevés cette nuit-là. Les deux autres petits arbres situés à côté ont été déracinés eux aussi. Je suis triste comme si nous avions perdu des amis, des êtres familiers. Si seulement ce vent avait aussi pu faire tomber l'antenne-relais qui se trouve juste à côté ! Il se serait enfin rendu utile ! 

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Et ce n'est qu'un minuscule aperçu des dégâts autour de chez moi, que j'ai pu constater beaucoup plus tard dans la journée. Ne serait-ce que dans ma rue, de nombreux arbres parfois imposants, aux racines profondes et très anciennes, ont été soulevés hors de terre. Je n'ai jamais vu ça. La tempête de 1999 était loin d'avoir fait de tels dégâts.

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(cliquez sur la photo pour la voir en grand)

Ce qui m'a le plus touchée ? Ce petit hérisson trouvé mort le long d'un trottoir, juste derrière mon immeuble. Il a dû être projeté par le vent et tué. Pauvre petite bête, victime sans défense, nous rappelant que bien des petits animaux vivent autour de nos habitations sans que nous en ayions toujours conscience.

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Pour couronner le tout, j'ai bien cru avoir abîmé mon appareil photo que j'ai fait tomber par mégarde. Plus de peur que de mal !

Dans cette tourmente, je suis une privilégiée : aucune coupure de courant, tout fonctionne parfaitement. Cela me fait drôle après ça de parler cuisine. Mais puisque la vie doit continuer, voici le dessert d'aujourd'hui, des crèpes au citron et au kiwi, avec des kiwis de chez moi, le kiwi de l'Adour, cultivé depuis 30 ans en Pays Basque et dans les Landes, bio, livré par l'Amap. Nous avons signé pour trois mois. 5 euros pour deux kilos et demi : pas la peine de s'en priver ! On parle souvent de manger "local", eh bien, c'est le cas ici !

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Pour 5 à 6 crèpes, pour des gourmands qui ne se laissent pas couper l'appétit par une tempête, aussi furieuse soit-elle (non mais !) :

- 1 oeuf
- 125 g de farine (ici, moitié farine, moitié maïzena)
- 1/4 litre de liquide, constitué par le jus de deux citrons et complété par du lait de soja
- 3 cs de sucre roux
- 1 morceau de gingembre confit
- 1 morceau d'écorce de citron non traité
- 2 kiwis

Pour le sirop :
- 1 jus de citron
- un peu de beurre
- 1 cc de miel
- une pincée de muscade

Préparer la pâte à crèpes en mélangeant l'oeuf battu avec la farine tamisée. Ajouter peu à peu le liquide, puis le sucre roux, remuer, fouetter légèrement pour faire disparaître les grumeaux. Ajouter le gingembre confit et l'écorce de citron coupés en fins morceaux. Laisser reposer une bonne heure, c'est mieux.

Cuire les crèpes sur la crépière chaude et légèrement huilée, les replier en 4 et les disposer sur les assiettes. Préparer le sirop en faisant chauffer à feu doux tous les ingrédients, et en napper les crèpes. Terminer en disposant les rondelles de kiwi préalablement pelé. On peut ajouter quelques fruits confits (ici, de la papaye), ou de la crème de coco, pour un effet plus exotique.

Ces crèpes au goût très doux de citron, à la consistance légère, moelleuse, ont été un goûter réconfortant après cette drôle de journée.