L’AMAP, l’Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, cela faisait pas mal de temps que j’en avais entendu parler. J’avais été enthousiasmée par l’idée d’acheter directement ses produits frais chez un producteur local qui, grâce à une liste d’inscrits réglant par avance ses frais de production, peut ainsi s’organiser, pérenniser son activité mais aussi faire vivre de son travail aussi bien lui-même que ses employés. Sur divers reportages, j’avais vu ainsi des maraîchers dire qu’ils avaient pu embaucher, sur leur exploitation, plusieurs personnes, à l’année, et non uniquement sur contrats saisonniers. Il s’agit donc, entre autres, d’une démarche sociale permettant aux gens, tout simplement, de vivre décemment de leur métier.

C’est aussi et surtout un moyen, pour les acheteurs, de manger bio à un prix juste, sans frais de transport ni d’emballage. C’est donc plus écolo que d’acheter du bio venu de loin, comme c’est souvent le cas au supermarché.

Par-dessus-tout, j’aime l’idée de rémunérer directement ceux qui plantent, cultivent et cueillent, au lieu que mes sous s’éparpillent chez une multitude d’intermédiaires qui font gonfler le prix final.

Mais bon, j’ai longtemps cru que les légumes bio, de l’amap ou ailleurs, ce n’était pas pour moi, qu’il fallait avoir d’autres moyens financiers que les miens. De toute façon, sur internet, par le biais du site Bio Aquitaine, il était dit que les listes d’inscrits aux amap du pays basque étaient au complet.

Mais il faut croire que quand on a un rêve aussi précis, aussi cohérent avec sa philosophie de vie (manger sain, etc), le destin se débrouille pour le réaliser. Ces derniers mois, ma mère me disait souvent qu’elle voyait au bas de chez elle, chaque mercredi en fin d’après-midi, un «petit producteur local» qui venait proposer ses produits sur des étals improvisés. Et si c’était l’amap qui venait distribuer ses produits ?, pensais-je. En effet, il existe en effet déjà un marché à cet endroit, un autre jour de la semaine : pourquoi un petit producteur viendrait-il tout seul en fin de journée hors des structures habituelles ? Il fallait en avoir le cœur net, aussi ma mère et moi sommes allées voir ça de plus près.

Bingo ! Il s’agissait bel et bien de l’amap, distribuant ses paniers bio aux inscrits, comme chaque semaine. La coordonnatrice qui était là nous annonça qu’elle avait… deux places dans sa liste de bénéficiaires ! et que nous avions donc la possibilité de nous inscrire ! Pas possible ! Franchement j’en suis restée baba. D’autres inscrits s’étaients désistés, sans doute… Quelle chance pour nous ! Evidemment nous avons sauté sur l’occasion et je peux vous dire que j’ai eu bien du mal à m’endormir ce soir-là, tant j’étais heureuse et stupéfaite que nous puissions faire partie de cette liste de privilégiés. Au point que j’ai cru ne jamais pouvoir patienter jusqu’au mercredi suivant pour obtenir notre premier panier. C’est comme un miracle, un rêve réalisé.

Amap1


Mercredi soir, enfin, le grand jour est arrivé. Pour moins de seize euros nous avons obtenu environ un peu plus de trois kilos de légumes de saison, cultivés bio, à 25 km de chez nous, ainsi que douze œufs frais tout aussi bio. Au détail, cela nous donne deux belles salades, trois beaux concombres, un kilo de belles tomates et un kilo et demi de courgettes, que nous nous sommes partagés. Avantage d’être deux à profiter du même panier, je pourrai refiler les légumes que je n’aime pas, (j’appréhende particulièrement betterave et navet…). Nous avons aussi obtenu de bons plans pour d’autres produits locaux, car l’amap, c’est aussi du pain, de la viande, là aussi, on n’a qu’à s’inscrire. Lundi nous partons ainsi ramasser des myrtilles en plein champ, chez un agriculteur, dans la campagne, sept euros le kilo !

Moi qui croyais ne pas pouvoir manger de légumes bio, eh bien, je me suis trompée ! Mine de rien, entre ce panier hebdomadaire, le pain fait maison avec des farines bio, les quelques achats céréaliers à la biocoop chaque mois et mes laitages bio du supermarché, je mange déjà pas mal bio malgré mon petit budget. Qu’on ne donc dise pas que ce n’est accessible qu’aux gens aisés. C’est affaire de choix, de priorité. Je préfère acheter bio et cuisiner moi-même que de m’offrir des DVD et des plats préparés.

Lisez également : le premier bilan de mon adhésion à l'Amap, (clic) après quelques mois.
Ainsi qu'un dossier (clic) et des témoignages d'adhérents (clic) consacrés à l'Amap sur le site de l'Internaute.